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Depuis 1996, les relations entre Cuba et l’Union européenne sont au point mort. Il avait été décidé, à l’époque, que toute reprise du dialogue avec le régime de La Havane se ferait si une évolution des droits de l’homme avait lieu et qu’une démocratie pluraliste était instaurée à Cuba. Devant le cuisant échec de cette politique et l’évolution récente du régime de Raul Castro, l’Union européenne serait prête à reprendre les pourparlers dès le mois de février.

Parmi les réformes engagées par Raul Castro, le Service européen d’action extérieure met en avant certaines avancées significatives, notamment, la nouvelle réglementation des voyages à l’étranger qui permet d’augmenter la liberté de mouvement des citoyens cubains, un accès à internet plus libre, mais aussi, la nouvelle limitation de la durée des mandats publics. Ce sont aussi un bon nombre de nouvelles décisions en matière d’économie qui sont saluées par les Vingt-Huit, telles que la mise en place de coopératives privées, la possibilité d’exercer une activité indépendante mais aussi quelques mesures facilitant les investissements étrangers.

À l’image de la poignée de main historique entre le président américain, Barack Obama, et le dirigeant cubain, Raul Castro, lors des funérailles de Nelson Mandela, en décembre dernier, et des récentes déclarations d’Obama indiquant que le gouvernement américain désire revoir ses relations avec Cuba, l’Europe prend donc les devants.

Le bruit court à Bruxelles, que ce revirement européen a lieu car les pays de l’Union ne veulent pas être écartés d’un processus de démocratisation en marche qui pourrait avoir de grands enjeux sur le plan économique. En effet, l’Europe est aujourd’hui le premier investisseur à Cuba et son deuxième partenaire commercial après le Venezuela. Le montant annuel des exportations européennes vers Cuba s’élève à 2 milliards d’euros et la moitié des touristes qui viennent à Cuba sont d’origine européenne.

Toutefois, la question des droits de l’homme à Cuba reste sans réponse. Selon un diplomate européen, la décision de 1996 appelée la « position commune », et régissant les relations entre l’Union et Cuba, n’a « en fait servi à rien et était devenue une aberration ». Cette « position commune », décidée à l’époque sous le mandat de José Maria Aznar, ne s’applique aujourd’hui qu’à Cuba et à Al – Qaida, toutes les autres dictatures n’ont jamais été concernées par cet outil diplomatique.

Devant ce constat, il paraît logique que les discussions entre l’Union européenne et le régime castriste soient en voie de reprise. Mais il faut tout de même être vigilant à ce que cette décision des Vingt-Huit ne soit pas motivée que par des aspects économiques mais que cela se fasse aussi afin que la population cubaine puisse aspirer à une vie meilleure.

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