Bigideas

Nadine Morano aurait été désignée par Nicolas Sarkozy comme future tête de liste UMP pour les élections européennes. Entre surprise et agacement, la candidature de l’ancienne ministre n’est pas du goût de tous au sein du parti.

Un tollé à l’UMP. L’annonce n’est pas officielle mais elle fait déjà des remous. Le parti doit désigner fin janvier ses candidats pour les élections européennes. Des conflits apparaissent à l’approche de l’échéance, entre débat de fond et querelles personnelles, comme l’a illustré le récent différend entre Bernard Accoyer et Nadine Morano.

Nicolas Sarkozy, arbitre des européennes ?

Nicolas Sarkozy s’est invité dans cette question des investitures à la faveur d’un article de l’Opinion, qui assurait que l’ancien président avait notamment « tranché » en faveur de Nadine Morano. Une version des faits contestée par l’entourage de Nicolas Sarkozy : « Nadine fait le pied de grue devant les bureaux de Nicolas. Il l’aime beaucoup, mais en aucun cas il ne tranche pour savoir qui sera numéro un ou numéro deux en Meurthe-et-Moselle » atteste un proche de l’ancien chef de l’État.

L’affaire aurait provoqué la colère de Nicolas Sarkozy, rentré furieux de Johannesburg. Celui que les médias désignent comme candidat logique à droite en 2017, et dont la cote remonte sans faire la moindre déclaration, a fait savoir aux intéressés qu’il ne voulait pas être mêlé à tout ça.

« Qu’apporterait de plus Nadine Morano au Parlement européen ? »

Dans un entretien avec le journal Le Monde, Bernard Accoyer, ancien président de l’Assemblée nationale durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, s’est agacé de cette auto-proclamation.

« Le député européen de 2014 devra être une personnalité compétente, reconnue, bilingue, influente et assidue au Parlement, plutôt que d’être sur les plateaux de télévision ou dans l’antichambre des partis politiques » assène le député-maire UMP d’Annecy-le-Vieux. Et de poursuivre « La question est, si (Nadine Morano) elle doit remplacer quelqu’un : qu’apporterait-elle de plus ? »

Bernard Accoyer soulève aussi d’autres cas qui l’inquiètent. Il souhaite ainsi la reconduction d’Alain Lamassoure, candidat sortant, ex-ministre des Affaires européennes, « l’un des rares français président d’une commission au Parlement européen. » Même son de cloche pour l’élu Michel Dantin « qui joue un rôle-clé en matière de politique agricole. » « À chaque renouvellement, la France est le seul pays de l’Union à envoyer autant de novices au Parlement européen » regrette M. Accoyer.

« Il faut faire élire des députés expérimentés et les laisser en place suffisamment longtemps pour qu’ils servent efficacement la France, comme le font tous les autres pays membres », argumente-t-il. « Le Parlement européen a pris beaucoup de pouvoir depuis quelques années, et je ne peux pas croire que la récompense prime sur la compétence dans la désignation de nos candidats », insiste-t-il, également hostile à la candidature de Jérôme Lavrilleux, bras droit de Jean-François Copé.

Morano n’ayant pas digéré les attaques de Bernard Accoyer, lui répond sur les réseaux sociaux : « Aucune leçon à recevoir de toi ! », « Pourrais-tu avoir la gentillesse de t’occuper de ta région » ou encore « on ne crache pas sur sa famille » écrit-elle, visiblement en colère.

La composition des listes n’a pas encore été officiellement arrêtée. La Commission d’investiture de l’UMP ne se prononcera qu’en janvier.

Author :
Print