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Le 11, 12 et 13 mai 2014, François Hollande rendait visite au président azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Ce fut l’occasion de faire le bilan de ce que pouvaient s’apporter mutuellement les deux pays. La France et l’Azerbaïdjan peuvent devenir de solides partenaires énergétiques. Certes, mais pas seulement. Dans sa volonté de diversifier l’économie, l’Azerbaïdjan peut aussi tisser de nouveaux liens avec les entreprises françaises dans le secteur des hautes technologies.

Il était fréquent de le lire dans les analyses qui ont suivi la visite du Président français en Azerbaïdjan : le pays participe à la diversification des sources d’approvisionnement des pays européens consommateurs d’énergie. Des entreprises françaises sont d’ailleurs déjà implantées sur le territoire azerbaïdjanais dans le secteur énergétique, GDF Suez et Total notamment. Mais dans son effort, déjà engagé depuis plusieurs années maintenant, pour diversifier son économie, l’Azerbaïdjan peut aussi trouver dans la France un allié de poids dans le secteur des hautes technologies.

L’économie azerbaïdjanaise est dépendante des hydrocarbures, les exportations étant composées à plus de 90 % de produits pétroliers. Le pays a compris qu’il était vital, pour un développement de long terme, de s’engager dans un processus de diversification de son activité économique. À ce titre, les technologies de l’information et de la communication sont en première ligne. La France est largement susceptible de faire bénéficier de son expertise dans le domaine spatial ou encore dans celui de l’internet haut débit, de la télévision numérique, de l’e-éducation, de l’e-santé ou encore de l’e-commerce.

« L’Azerbaïdjan tente de développer son autonomie dans un environnement géopolitique difficile. Les entreprises azerbaïdjanaises sont dynamiques et présentent de nombreuses opportunités. L’Azerbaïdjan vient de lancer Azerspace-1, son premier satellite de télécommunications, avec la compagnie française Arianespace. Le pays est en train d’investir 1 milliard d’euros pour fournir l’internet à haut débit à tous ses habitants et met l’accent sur l’importance des technologies de l’information et des communications dans la diversification de son économie », avait déclaré son Excellence Pascal Meunier, ambassadeur de France en Azerbaïdjan, lors du Forum d’affaires « L’Azerbaïdjan : locomotive du Caucase – Potentiel et opportunités d’investissement » qui s’est tenu le 14 mars 2013 à Paris.

La coopération bilatérale mise en place dans le domaine spatial est un succès. Arianespace a en effet lancé le premier satellite de télécommunications azerbaïdjanais en février 2013 et il était question que les marchés relatifs à la réalisation et au lancement d’un second satellite soient attribués à Thales. Cette réussite a encouragé les deux pays dans leur volonté d’étendre cette coopération à d’autres domaines tels que l’internet, la télévision et les programmes ou contenus numériques, ou encore les e-services. La France peut compter sur le volontarisme du gouvernement azerbaïdjanais en la matière.

Le secteur des TIC représentait 3,5 % du PIB en 2011 et 7,2 % du PIB hors hydrocarbures. Il a connu une croissance particulièrement rapide ces 10 dernières années (20 à 25 % par an). Il représente donc une voie privilégiée par le Gouvernement dans ses efforts de diversification de l’économie. Il est soutenu par plusieurs programmes gouvernementaux dont le programme national de développement de l’informatique dans les écoles 2008-2012, grâce auquel 40 % des écoles ont eu accès au très haut débit, ou encore le plan d’action pour le développement de la bande large qui a été élaboré pour 2011-2015.

Fin novembre 2013, se tenait la 19e édition du salon international de l’informatique et des télécommunications Bakutel, en Azerbaïdjan, qui coïncidait avec « l’Année des TIC » organisée dans le pays à l’initiative de son président Ilham Aliyev. Opérateurs de télécommunications et fournisseurs de services internet étaient présents, mais il était aussi question de mettre en avant des expositions spéciales relatives à l’autoroute de l’information transeurasienne (TASIM), à l’industrie spatiale azerbaïdjanaise et au projet de parc national des technologies de l’information d’Azerbaïdjan.

Il serait bon de ne pas se focaliser que sur les ressources énergétiques du pays. La croissance du secteur des TIC ainsi que les programmes du gouvernement destinés à le développer offrent de substantielles opportunités d’investissement à la France, dont l’expertise n’est pas de trop en Azerbaïdjan.

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